Mon
enfance n'allait pas de soi. Il a fallu que je m'en affranchisse très vite et ce bien malgré moi. Je n'ai pas eu le choix. Cette enfance en porte à faux, je l'ai passée à élaborer des
stratagèmes destinés à déjouer les pièges de l'école, de la famille et de la rue. J'ai ourdi des complots pour prendre le pouvoir de ma vie et être le seul maître à bord. Il y a deux
frontières à chaque vie humaine: la naissance et la mort. J'ai vacillé de l'une à l'autre en traînant un bagage trop lourd dont je n'ai jamais su me défaire. Aujourd'hui, je marche sur l'eau sur
la pointe des pieds pour éviter de faire des vagues. J'écris ces mots les volets fermés et la lumière éteinte pour tenter de poser du silence sur la feuille blanche. Pour me donner du courage,
j'utilise les marges des autres. Les textes de ce blog ont été écrits dans les blancs laissés par Jaques Dupin dans "Ballast" publié par Gallimard dans la collection "Poésie". Je sais, certains
puristes n'apprécieront pas ce sacrilège mais à dix-huit ans je faisais la même chose avec mes Pléiades!
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