Mon immortelle, je t'emporte avec moi dans cet été qui finit pour me réchauffer contre toi lorsque l'hiver sera
là. Notre histoire défile devant nous en accéléré. Tu es déjà devenue celle que j'avais vue en toi. Depuis que je te connaîs, j'ai du mal à supporter le poids des jours
ordinaires, ceux-là même qui m'indifféraient avant toi. Joë Bousquet écrivait que "la poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir". Chère Eurydice (que j'ai
perdue en me retournant un jour de grand vent alors que nous sortions des enfers comme d'un cinéma), tu dois m'aimer parce que c'est écrit là dans ta main, une ligne creusée avec la lame
d'un poignard lorsque j'ai mêlé mon sang au tien. Ma chérie, les kilomètres qui nous séparent encore aujourd'hui vont s'effacer. Mon amour, je veux plonger mes yeux dans les eaux troublées des
tiens, je veux que mes lèvres parcourent tous les chemins qui mènent à toi, à la vérité de ce que tu es vraiment. Nous nous sommes connus dans une autre vie et reconnus dans celle-ci. N'attendons
pas la prochaine pour partager nos rêves. J'ai éprouvé jusqu'à l'épuisement le vertige de nos retrouvailles rêvées. On ne s'enfonce pas dans de telles pensées sans changer sa nature
profonde. Je ne suis plus tout à fait celui que tu as découvert au détour d'un couloir du temps. Je suis devenu un autre peut-être meilleur, à toi de me le dire. A bientôt, écris-moi
dès que tu auras un moment.
Par Robinson
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Le réel
possède plusieurs facettes et selon l'angle de sa vision chacun le perçoit d'une manière différente de son voisin. Il n'y a donc pas de réalité ovbjective même si l'on est acteur ou spectateur du
même évènement. A posteriori, les protagonistes ne garderont pas les mêmes souvenirs et certains oublieront complètement ce qui s'est passé ou ce à quoi ils ont participé. Alors comment
accorder la moindre confiance à nos sens si peu armés pour nous restituer une vérité qui n'existe pas?
Par Robinson
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Texte écrit
dans les marges du Théâtre et de son double d'Antonin Artaud: "Je glisse à la surface des mots pénétrant dans la profondeur de l'air du temps. Ma voix chargée de
brouillard se disperse à l'orée de ma bouche. Au commencement était le souffle, mon souffle, brise ténue dévorée par les ouragans. Je marche à pas comptés dans l'extrême nudité de celui qui
écrit. La mort est au bout du sentier, franchissement plus que destination, pont jeté entre deux îles que chacun empruntera avec au creux du ventre la peur du vide."
Par Robinson
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