Jeudi 5 novembre 2009
Dans un univers immense, hostile et froid, écrasé par les champs gravitationnels, bousculé par les ouragans, desséché par les étés caniculaires, dévasté par d'incessantes inondations, accablé par la fonte des glaces, rendu fou par les fièvres typhoïdes, comment l'homme peut-il aspirer au bonheur? Si rien n'arrive par hasard, si la chance se mérite, si l'amour attire l'amour, si nul ne peut  lutter contre les lois de l'univers et si chaque fois que l'on déjoue un danger un autre plus grand encore apparaît, je ne sais plus quoi vous dire sinon ce conseil: n'opposez pas de résistance à la déferlante, plongez sous la vague en retenant bien votre souffle et,  lorsqu'elle sera passée  sur vous, regagnez la surface sans hâte. 
Par Robinson - Publié dans : Journal partagé - Communauté : les robinsons
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Mercredi 4 novembre 2009
Mon immortelle, je t'emporte avec moi dans cet été qui finit pour me réchauffer contre toi lorsque l'hiver sera là.  Notre histoire défile devant nous en accéléré. Tu es déjà devenue celle que j'avais vue en toi.   Depuis que je te connaîs, j'ai du mal à supporter le poids des jours ordinaires, ceux-là même qui m'indifféraient avant toi. Joë Bousquet écrivait  que "la poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir". Chère Eurydice (que j'ai perdue en me retournant un jour de grand vent alors que nous sortions des enfers comme d'un cinéma),  tu dois m'aimer parce que c'est écrit là dans ta main, une ligne creusée avec la lame d'un poignard lorsque j'ai mêlé mon sang au tien. Ma chérie, les kilomètres qui nous séparent encore aujourd'hui vont s'effacer. Mon amour, je veux plonger mes yeux dans les eaux troublées des tiens, je veux que mes lèvres parcourent tous les chemins qui mènent à toi, à la vérité de ce que tu es vraiment. Nous nous sommes connus dans une autre vie et reconnus dans celle-ci. N'attendons pas la prochaine pour partager nos rêves. J'ai éprouvé jusqu'à l'épuisement le vertige de nos retrouvailles rêvées.  On ne s'enfonce pas dans de telles pensées sans changer sa nature profonde. Je ne suis plus tout à fait celui que  tu as découvert au détour d'un couloir du temps. Je suis devenu un autre peut-être meilleur, à toi de me le dire.  A bientôt, écris-moi dès que tu auras un moment.
Par Robinson - Publié dans : Journal partagé - Communauté : les robinsons
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Mardi 3 novembre 2009
Mon enfance n'allait pas de soi. Il a fallu que je m'en affranchisse très vite et ce bien malgré moi. Je n'ai pas eu le choix.  Cette enfance en porte à faux, je l'ai passée à élaborer des stratagèmes destinés à déjouer les pièges de l'école, de la famille et de la rue. J'ai ourdi des complots pour prendre le pouvoir de ma vie et être le seul maître à bord.  Il y a deux frontières à chaque vie humaine: la naissance et la mort. J'ai vacillé de l'une à l'autre en traînant un bagage trop lourd dont je n'ai jamais su me défaire. Aujourd'hui, je marche sur l'eau sur la pointe des pieds pour éviter de faire des vagues. J'écris ces mots les volets fermés et la lumière éteinte pour tenter de poser du silence sur la feuille blanche. Pour me donner du courage, j'utilise les marges des autres. Les textes de ce blog ont été écrits dans les blancs laissés par Jaques Dupin dans "Ballast" publié par Gallimard dans la collection "Poésie". Je sais, certains puristes n'apprécieront pas ce sacrilège mais à dix-huit ans je faisais la même chose avec mes Pléiades!
Par Robinson - Publié dans : Journal partagé - Communauté : parlons d'amour
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Samedi 31 octobre 2009

Le réel possède plusieurs facettes et selon l'angle de sa vision chacun le perçoit d'une manière différente de son voisin. Il n'y a donc pas de réalité ovbjective même si l'on est acteur ou spectateur du même évènement.  A posteriori, les protagonistes ne garderont pas les mêmes souvenirs et certains oublieront complètement ce qui s'est passé ou ce à quoi ils ont participé. Alors comment accorder la moindre confiance à nos sens si peu armés pour nous restituer une vérité qui n'existe pas?

Par Robinson - Publié dans : Journal partagé - Communauté : les robinsons
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Vendredi 30 octobre 2009

Texte écrit dans les marges du Théâtre et de son double d'Antonin Artaud: "Je glisse à la surface des mots pénétrant dans la profondeur de l'air du temps.  Ma  voix chargée de brouillard se disperse à l'orée de ma bouche. Au commencement était le souffle, mon souffle, brise ténue dévorée par les ouragans. Je marche à pas comptés dans l'extrême nudité de celui qui écrit. La mort est au bout du sentier, franchissement plus que destination, pont jeté entre deux îles que chacun empruntera avec au creux du ventre la peur du vide."

Par Robinson - Publié dans : Journal partagé - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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